• Le maître, à la nuit tombée, achemina son disciple à l'étang. Il lui montra la lune qui se reflétait dans l'onde. Puis levant les yeux vers l'astre il demanda :

    " Laquelle est la vraie ? Celle qui est dans le ciel, je ne peux l'atteindre, alors que celle qui est dans l'eau, je le peux. "
    Et il jeta une pierre dans l'onde, qui la fit disparaître.

    L'élève après avoir jeté une pierre dans le ciel, en vain, reconnut que le maître avait raison. La lune du lac devait être la vraie.

    Alors le maître lui demanda :
    - " Va me prendre celle qui est dans l'eau ".
    - Rien n'est de ce monde, ajouta-t-il, devant l'élève penaud.

    Une fois rentré au monastère, le disciple raconta sa mésaventure à un de ses camarades.
    " Rien n'est de ce monde....................... Mais le maître et son disciple font partie du monde..."

    Le disciple avait compris la leçon.

    Gasshô - Henri sceau


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  •  La balle roule

    Seppo Gisen eut un entretien intéressant avec son disciple Gessha : Le Mondo de la balle.

    Alors que le vieil homme jouait à la balle,Gessha demanda au Maître :

    "Pourquoi la balle roule-t-elle ?
    Seppo répondit :

    "La balle est libre. Elle est la vraie liberté.
    - Pourquoi ?
    Parcequ'elle est ronde. Elle peut rouler partout, dans n'importe quelle direction, librement."

    Inconsciemment, naturellement, automatiquement.

    Histoire extraite de : "Le Bol et le Bâton" - 120 contes zen racontés par Maître Taisen Deshimaru - Editions Albin Michel / Spritualités vivantes
    Gasshô - Henri

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  •  

    Un moine vivait à Hua ting, sur le bord de la rivière. On savait peu de choses sur lui, sauf qu'il se nommait Te Cheng et qu'il possédait une petite barque. La barque était arrimée sur le bord de la rivière et Te Cheng somnolait comme un bienheureux.

    Un jour, un fonctionnaire de province passa par là et l'interpella d'un ton ironique :
    "Que fait donc le vénérable maître ?"

    Te Cheng lui montra sa rame :
    "Comprenez-vous le sens de cela ?"

    La fonctionnaire un instant interdit, répondit ;
    "Non je ne comprends pas du tout !"

    Te Cheng ajouta :
    "J'ai ramé encore et encore. J'ai brassé tellement d'eau. Il est si difficile de trouver le Poisson d'Or !"

    Quelque temps après cette mystérieuse discussion, un maître Chan, Chia Chan, vint consulter Te Cheng qui le reçut avec considération.

    "Bon pratiquant, de quel monastère venez-vous ?"

    Chia Chan avança alors tout son savoir et donna fièrement une réponse qui était une vitrine de ses connaissances :
    "Ce qui est comme cela n'est pas immuable, et ce qui est immuable n'est pas comme cela !"

    Te Cheng enchaîna :
    "Si l'on ne peut pas décrire cet endroit, à quoi ressemble-t'il ?"

    Chia Chan s'avança fièrement :
    "Les mots ne peuvent décrire la forme, et la forme est vide. Maître je ne puis vous répondre.

    - Ainsi, tu ne sais pas d'où tu viens, répliqua Te Cheng d'un air entendu. Et çà tu sais ce que c'est ?
    Te Cheng lui montra la fameuse rame. Et sans laisser le temps à Chia Chan une chance de répondre il lui en balança un coup sur la tête.

    On raconte que Chia Chan connut alors l'éveil subit et qu'il laissa définitivement tomber la dialectique.

     

    Gasshô Henri

     

     

     


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  • Suivre la voie du Bouddha doit éclabousser notre vie. Nous ne pratiquons pas le bouddhisme zen, encore moins la méditation, pour nous-même.

    Nous ne sommes pas séparés, et encore moins séparables, du monde. Nous ne pouvons être séparés de nos actes et de leurs conséquences.

    Pour illustrer ces propos voici une petite histoire zen :

     

    Le Bouddha au nez noir



    Une nonne à la recherche de l'illumination sculpta une statue de Bouddha et la recouvrit de feuilles d'or. Partout où elle voyageait, elle emportait son Bouddha d'or avec elle.

    Les années passèrent et, toujours portant son bouddha, la nonne s'arrêta dans un petit temple où il y avait de nombreuses statues de Bouddhas. Chacune avait sa propre niche dans le sanctuaire.

    La religieuse déposa son Bouddha d'or dans l'une d'elle et décida de lui offrir de l'encens. N'aimant pas l'idée que le parfum puisse s'égayer vers les autres statues, elle conçut un entonnoir, par lequel la fumée montait seulement à sa statue.
    A force la fumée noircit le nez du Bouddha d'or, ce qui le rendit particulièrement laid !


    Gasshô Henri

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  • Sommes-nous capables de voir tous les trésors que nous avons intérieurement ? Sommes nous capables de voir les trésors de l'enseignement du Bouddha ? :

    L'émeraude cachée


    Deux amis de longue date se retrouvèrent un jour, après s'être perdus de vue pendant plus de vingt ans. L'un deux était devenu un riche marchand, et l'autre un vagabond sans le sou. Après une nuit de libations et d'évocation de souvenirs d'enfance, les deux comparses s'apprêtait à se séparer afin d'aller se reposer. Le riche marchand, pris de compassion, glissa alors discrètement une magnifique émeraude dans la poche de son infortuné acolyte. Il l'avait lui même auparavant acquis en vue de la revendre avec force profit.
     

    Quelques années plus tard, les deux amis se retrouvèrent, une nouvelle fois par hasard. Le riche marchand fut surpris de revoir son vieil ami dans le même état de pauvreté, toujours habillé comme un vagabond : "Tu es toujours aussi pauvre ?
    - Comme tu le vois. je crois que je suis incapable de gagner ma vie correctement.
    - Quel idiot ! reprit le marchand, tu n'as donc pas trouvé la pierre que j'avais glissé dans ta poche !"

    Alors sommes-nous capables de sentir l'émeraude cachée dans notre poche ?

    Gasshô - Henri  

     


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  • Tout en lavant la vaisselle dans le cours d'eau voisin d'un temple, l'élève demanda au maître :

    -"Maître qu'est-ce que le Tch'an ?"

    -"Comment situer un point qui bouge à chaque seconde ? Comment situer le Tch'an, quand le point d'appui change encore? Arrêtes de changer toi-même et je te répondrai."
    dit le maître en tendant un bol à essuyer.

    -"Mais dites moi, au-moins, où peut-on trouver le Tch'an? ; Doit-on étudier et lire dans les livres? ; Le trouvera-t'on dans la vie quotidienne, comme çà par hasard, sans y penser ? ; Doit-on rentrer dans un monastère, ou regarder ce paysage devant nous ? ; Est-ce l'envers du décor ? ; Où puis-je le découvrir ?"

    -"La mer, on sait où elle se termine, mais où commence-t'elle ? Les nuages, on sait où ils commencent, mais où finisssent-ils ? Le Tch'an est comme la mer, comme les nuages ; Il n'a ni commencement ni fin... sans jamais être ni l'un ni l'autre...

     

     

     


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  •  

    Dans un monastère japonais, à la fin du Moyen-Age, vivait un vieux moine qui inspirait aux jeunes moines une sorte de terreur respectueuse, car rien ne semblait pouvoir troubler sa sérénité. bien qu'il répétât à toute occasion qu'il n'y a rien de mal dans une émotion, quelle qu'elle soit, à condition de ne pas se laisser emporter par elle, il restait calme et inaltérable. On ne pouvait ni l'irriter, ni l'effrayer, ni l'inquiéter.
     
    un matin d'hiver, alors que la nuit obscurcissait encore tous les couloirs du monastère, les jeunes moines s'assemblèrent silencieusement dans l'ombre. Le vieux moine, ce matin-là, devait apporter la tasse de thé rituelle jusqu'à l'autel. A son passage, ils jaillirent brusquement de l'obscurité comme des fantômes hurleurs.


    le vieil homme continua sa marche paisiblement, sans faux pas, sans tressaillement. un peu plus loin dans le couloir se trouvait une petite table, il y posa doucement le thé, le couvrit d'un morceau de soie pour qu'aucune poussière ne pût y tomber. Puis il s'appuya contre un mur et poussa un grand cri de frayeur.

    Gasshô Henri

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    Dans le temple, un jeune moine bouddhiste, se plaignit au Maître de ne pouvoir avoir des pensées calmes et sans agitation. Comme un jeune homme fou il passe constamment d'une pensée à l'autre... 
     
    "Tu es comme un éléphant sauvage, " lui répondit le vieux maître zen. Ecoute cette histoire :
     
    Dharma zen"Renki était un éléphant sauvage, il était très jeune et fougueux. c'était un bel animal, avec de belles défenses, de belles oreilles, une belle couleur grise. Son maître espérait en tirer, après l'avoir dressé, un bon prix en le vendant au village
     
    Il attacha Renki avec une chaîne bien solide à un poteau. mais l'animal se débattit avec la plus grande furie, il tournait en rond en  jusqu'à en faire une tranchée circulaire autour de son piquet. Ses barrissements colériques s'entendaient dans toute la campagne alentour.

    Malgré tous ses efforts le poteau et la chaîne était bien solides. Il ne put se débarrasser ni de l'un, ni de l'autre. il continua jusqu'à s'épuiser en ruades et barrissements inutiles. 
    Un matin on n'entendit plus rien, Renki s'était arrêté; Plus de barrissement; Plus de ruades, il ne tirait plus sur la chaîne. Il ne tapait plus sur le sol, un calme profond avait envahi l'éléphant.
    Alors le maître détacha Renki, lui permettant ainsi de se promener librement. A partir de ce jour Renki porta toutes les lourdes charges, aidant de son mieux le village. Il fut surtout heureux et libre".
     
    "Ta pensée est comme un éléphant sauvage, dit le vieux maître à son disciple. Elle prend peur, saute en tous sens, et barrit aux quatre vents. Ton "attention" est la chaîne, et "l'objet choisi de ta méditation" le poteau enfoncé dans le sol. 
    Calme ta pensée, apprivoise-la, maîtrise-la, et tu connaîtras le secret de la vraie liberté."


    Gasshô - Henri

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  • Dans un monatère chinois le vieux maître enseignait à ses disciples en s'appuyant sur le quotidien. Un jour, il y eut un violent tremblement de terre entraînant l'effondrement du toit du temple.
     
    A la fin du séïsme, le maître dit à ses disciples :

    sauce soja"Voilà vous avez pu constater comment se comporte un pratiquant du zen, lors d'une catastrophe.Vous pouvez constater que je suis resté calme. J'ai analysé la situation , je vous ai rassemblés et nous nous sommes réfugiés dans la cuisine, qui est la partie la plus solide du monastère. Grâce à mon sang froid nous sommes encore vivants et il n'y a pas un seul blessé".

    Ayant fini sa phrase le maître pris un grande verre d'eau sur la table et le but d'une seule traite.

    Dans un coin un jeune moine souriait. Qu' y a-t-il de si drôle demanda le maître ?

    "Ce n'était pas de l'eau, maître, dit le jeune homme... c'était un grand verre de sauce soja !!!!"

    Gasshô - Henri

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